Monsanto : l’arbre qui cache le désert.

  • Introduction 

C’est au début des années 90 que les premiers organismes génétiquement modifiés destinés à l’alimentation ont été mis sur le marché  (USA).  La papaye résistante  au virus “ringspot”  fait partie de ceux-là, cette variété de papaye modifiée a permis aux cultivateurs de papaye hawaïen entre autres, de maintenir  leur production malgré l’épidémie   du  “ringspot”.

Aujourd’ hui, aux US,   85% du maïs, 91% du coton, et  88% du soja est modifié génétiquement.[1] . L’objectif initial est de  conférer aux organismes cultivés des capacités supplémentaire permettant, d’augmenter la production (résistance aux maladies, résistance au stress hydrique etc ..), de faciliter le processus de production en le rendant moins chère,  moins polluant etc …

– En Europe et ailleurs, des voix se sont élevées pour critiquer les méthodes de mis en place de cette nouvelle technologie.

– Les promesses n’ont pas été tenues, et l’angle envisagé dans le domaine agricole est même très contestable, car il n’y a aucune remise en cause des pratiques de monoculture, usage massif de pesticides  et d’engrais, etc …

– Aujourd’hui la situation est celle d’un monopole de quelques acteurs de l’agroalimentaire  dont le seul objectif est celui de rendre dépendant les  producteurs  pour assurer leurs bénéfices, le risque étant l’extension  de cette main mise sur l’ensemble de la  planète.

  • Holistique et cartésianisme 

La biologie est un domaine ou la complexité prend tout son sens. Avant d’envisager la plus simple  des expériences, le travail du biologiste est d’isoler l’organisme ou le système étudié de l’environnement, et d’éviter les interférences (stérilisation). C’est valable en science de façon général, mais en biologie il s’agit d’un  prérequis très important.

C’est la raison pour laquelle, les biologistes travaillent sur des modèles.  Arabidopsis thaliana pour la biologie végétale, levure (saccaromyces pombe)  en biologie cellulaire, rat (rattus norvegicus) et souris(mus musculus) pour la physiologie animale, en laboratoire, avec des expériences conçues  avec méthode etc …

On peut d’ailleurs se poser la question du biais que cette pratique (nécessaire), impose à la biologie au niveau de la recherche et des découvertes.

Le passage de la recherche fondamentale , à celle des sciences de l’ingénieur comprend  beaucoup d’écueils qui  ne doivent pas être négligés. Parce que la vérité du laboratoire, n’est pas celle de l’environnement qui est par nature complexité et interactions, et que nier cette  réalité est une faute qui jette le discrédit et altère la confiance du citoyen de façon durable.

La vision cartésienne dont est issus nos méthodologies, comprends plusieurs principes dont celui-ci

“Le second, de diviser chacune des difficultés que j’examinerois, en autant de parcelles qu’il se pourroit, et qu’il seroit requis pour les mieux résoudre.”

Discours de la méthode (1637)

C’est un concept qui s’applique mal aux sciences du vivant, un être vivant  à un comportement fortement influencé par son environnement, quand on l’isole il fonctionne de façon très éloigné de la réalité.

On ne peut s’empêcher à l’heure actuelle de s’interroger sur cette phrase de Descartes :

« […] Au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles4, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous pourrions les employer de la même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. »

discours de la méthode

  • La valse des paradigmes 

La biologie est un domaine de recherche relativement jeune, (l’idée de génération spontanée est réfutée par Tyndall en 1877), pour ce qui est de la biologie moléculaire, on peut faire référence à la découverte de  la molécule d’ADN qui date d’il y a 60 ans.

La paradigme de base, à cette époque est fortement influencé par le grand mouvement d’alors, la théorie cybernétique, Ashby (1948 Cybernetics, or Control and Communication in the Animal and the Machine), et la théorie de l’information (A Mathematical Theory of Communications publié en 1948 par Shannon).

Il en découle un postulat, “L’ADN et donc le code génétique, est le support de l’information qui définit le fonctionnement d’un être vivant”. Un géne va permettre d’acquérir une compétence, et une mutation, expliquer un dysfonctionnement.

Mais ce n’est pas si simple, on sait aujourd’hui qui l’héritage moléculaire (issus de l’ovule de la mère), joue un rôle dans le développement, il joue même un rôle dans le processus évolutif [2], des protéines hérités participent à des mécanismes biologiques complexes.

L’organisation de nos connaissance du vivant est naturellement  biaisée :

Je me réfère à ce texte d’Edgar Morin :

Je voudrais partir d’une évidence en psychologie cognitive. Une connaissance n’est pertinente que dans la mesure où elles se situe dans un contexte. Le mot, polysémique par nature, prend son sens une fois inséré dans le texte. Le texte lui-même prend son sens dans son contexte. Ainsi une information n’a-.t.elle de sens que dans une conception ou une théorie. De même un événement n’est intelligible que si l’on peut le restituer dans des conditions historiques, sociologiques ou autres. On peut donc en déduire qu’il est primordial d’apprendre à contextualiser et mieux, à globaliser, par exemple à situer une connaissance dans un ensemble organisé

Article “Motivation n°24” 1997

La première phase de recherche en laboratoire, n’est pas suffisante et ne peut exonérer d’une expérimentation grandeur nature, à cause de la nature même du domaine,  par intégration de la complexité. La biologie est un domaine ou l’état des connaissance évolue encore très vite, ce paramètre doit être constamment pris en compte et doit pousser à la prudence et à l’humilité. On ne peut se passer d’une analyse critique objective du savoir produit, et on ne peut s’exonérer du questionnement objectif entre le coût réel, et le gain, et l’argument de la nouveauté n’étant pas un critère à prendre en compte.

  • Du laboratoire à l’assiette : les mécanismes de contrôle  du risque.

Les risques sanitaires et environnementaux, Pour ce qui est de l’europe, le système de contrôle du risque sanitaire et environnemental des OGMs est inadapté.  Les études sont insuffisantes, ont en trouve peu sur des mammifère proches de l’homme, tel  que le porc, les études long terme sont rares de l’avoeu  même de l’anses, elles ne rentrent pas dans le processus de validation puisque le standard reconnu est une étude sur 90 jours effectué sur des rongeurs[3], les 3 mois correspondant à 8 ans, ce qui est peu pour une étude sur l’impact de la toxicité chronique. Pour ce qui est des US, il n’y a tout simplement aucun test préalable exigé.

Les conflits d’intérêts sont nombreux, et il n’y a que peu de traçabilité  et de transparence, les études sont réalisées par l’industriel, sous forme de rapport confidentiel. Le processus de labellisation proposé entre autre par les associations de consommateurs sur les OGMs sont freinés par le gouvernement, au mépris de l’opinion et de l’intérêt publique (US)[4]. La possibilités de choix du consommateur est altéré, les analyses épidémiologiques sont impossibles sur le sujet à cause de ce manque de transparence.

 Il faut noter que l’AAAS  s’est rangé du coté de la non transparence [4] sans que l’on comprenne réellement pourquoi, au risque de se mettre à dos l’opinion de façon inutile.

Il y deux paramètres qui ont été  largement négligés,  la non réversibilité des processus, et la capacité de dissémination[5][7] , l’impossibilité de cohabitation entre des cultures cultures Free OGM avec les cultures OGMs en découle. La possibilité de l’erreur n’a même pas été envisagée.

Les processus de traçabilité ont été plusieurs fois pris en défaut : [6], [7]

Ni fait, ni à faire !

  • Des promesses non tenues.

On avait promit  de stopper la faim dans le monde avec des plantes résistantes aux sécheresses, on avait promis  des meilleurs rendements, on avait promis une moins grande utilisation de pesticides, on avait promis l’utilisation d’une moins grande quantité d’ herbicides. Aucune de ces promesse n’a été tenu [6], article du financial time.

Les variétés d’OGM proposés n’ont pas conduit, à une baisse de l’utilisation des herbicides, mais plutôt à l’augmentation de leur utilisation [7], les rendements ne sont pas supérieurs,  le problème de l’utilisation des  pesticides est encore d’actualité [9] avec le développement d’insectes résistants, les OGMs résistants aux conditions de sécheresses, encore à l’état de projet.

  • Des pratiques de piraterie économique.

Il ne faut pas se leurrer, les exigences qui sont en train d’être mises en place,  les tests de toxicité sur 2 ans, qui s’apparentent plus à des tests d’autorisation de mise sur le marché de médicaments qu’autre chose, ne  laisseront pas la place à de petites structures. Seules les grosses machines des biotechs pourront tenter d’imposer leur culture en plein champs. Les stratégies conventionnelles ont été torpillées, ce qui a comme conséquence de rendre même impossible de se fournir (US) en semence conventionnelles, pouvant être replantées. L’objectif est de liés de force le fermier à son semencier.

  • Un changement de paradigme 

Une étude du MIT montre (ainsi que d’autres nombreux articles), que  l’impact des pratiques actuelles en terme d’agriculture est très négatif et ne peu perdurer. Un changement radical de paradigme doit émerger, d’autres méthodes existent [8] et montrent qu’elles peuvent être efficace. L’utilisation des pesticides, conduit au développement de l’infertilité ( l’homme en voie de disparition Théo Colborn),  la monoculture n’est pas souhaitable car la diversité de l’espèce est une protection contre les maladies, les sols doivent être absolument ménagés sinon ils s’épuisent et nécessitent plus d’engrais pour être productifs.

Les principes de permaculture, de l’agro-foresteries sont des initiatives qui  prennent en compte  la nature complexe qui est celle du biologique, mais aussi les problématiques  du monde actuel avec toutes les implications énergétiques,  sociales, économique. Faire l’effort de fonctionner de façon intégré en prenant en compte tout les paramètres, rendement, mais aussi, impact sanitaire, préservation de la biodiversité, empreinte carbone, c’est la garanti de toujours garder le cap de la cohérence écologique, il s’agit là de méthodes qui sont beaucoup plus à la pointe que celle à une dimension de nos amis de l’agroalimenteur.

Pour en finir voici un exemple d’analyse qui remet l’article dans son contexte:

https://www.youtube.com/watch?v=ipQyjI_-QZA

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